« Française ? Vous voulez voir ma carte d’identité ? »

Je me suis toujours considérée comme étant française, et non parce que je le pense, mais parce que je le suis.

Quand je dis que je suis antillaise, les mêmes questions reviennent. « Pourquoi es-tu venu ici ? »« Tu penses revenir sur ton île plus tard ? »« Il n’y a pas ce que tu voulais faire là bas ? »« T’as quitté le soleil pour venir dans le froid ici ? Moi j’y serais resté ».

Autant de questions et de remarques qui te mettent mal à l’aise, comme si tu devais te justifier de ta présence dans un pays qui est censé être libre et être le tien. Autant de questions qui te montrent que tu n’as pas vraiment ta place ici. J’ai appris à relativiser jusqu’au jour où remplissant un document pour une demande prêt, j’ai notifié le département d’où je venais soit « 972 » et que j’ai vu qu’il ont classé un département qui est censé être français et qui l’est, dans la classification « étranger ».

Cela m’a autant plus frappé que lorsqu’une de mes amies à l’université, qui savait que je ferais mon stage en Martinique me dit :  » En fait, tu ne fais pas ta demande de bourse pour ton stage à l’étranger ? », considérant la Martinique comme étant à l’étranger, étonnée que je lui dise que non, c’est un département français.

Devrais-je me justifier et proclamer : « Oui je suis française ? Vous voulez voir ma carte d’identité peut être ? ».

Liberté, Egalité, Fraternité ? Ce ne sont que des mots qui ne reflétent aucunement la réalité. Dire à un Antillais : « Vous venez prendre notre place dans nos écoles, nous, nous viendrons prendre votre place au soleil » en masquant ce propos raciste comme étant une simple blague, est juste une insulte.

Et pourtant, je n’ai rien prouver à quiconque, cette nationalité française je ne l’ai pas volé. Soit on m’accepte et tant mieux, soit on ne m’accepte pas et tant pis. A croire que parce que tu es noir, tu n’es jamais vraiment français.

Aux jeunes qui tiennent les murs de mon hall d’immeuble
« Parler des jeunes, c’est bien. Parler avec les jeunes, c’est encore mieux »