Vacances… on travaille !

On ne s’en rend pas toujours compte, mais à la question « Tu fais quoi cet été? » la majorité des étudiants répondent qu’ils travaillent. Peu de farniente mais beaucoup de sueur.

Certains travaillent pour payer leur études, d’autres pour économiser ou encore pour partir à l’étranger. Par exemple, Sarah qui étudie le droit en deuxième année travaille tous les été car son emploi du temps ne lui permet pas de travailler à l’année. Christopher lui a choisi de travailler car il voulait pouvoir ajouter une expérience professionnelle à son CV.

Les journées job d’été organisées par plusieurs villes de France rencontrent un franc succès. Quand on leur demande si cela ne les gênent pas de sacrifier leurs vacances pour travailler, ils répondent avec sourire: « On n’a pas le choix ».

Il ne faut pas en voir uniquement le côté négatif. Par exemple, si je n’avais pas travaillé l’été dernier, j’aurais difficilement réunie la somme nécessaire pour me payer mon permis de conduire. Aussi ces expériences professionnelles peuvent être très valorisantes sur un CV car elles nous permettent de nous plonger dans le monde du travail…avec ses avantages et ses inconvénients.

Bref les vacances nous, les étudiants, nous les passons souvent… au charbon

Ça passe ou ça coupe…

Je dirais que c’est l’incompréhensible dépendance à la connerie… Je n’en suis pas fière mais je n’en ai pas honte non plus, de toute façon c’est comme ça alors on ne va pas épiloguer… Pour être honnête, je ne pourrais pas vous dire pourquoi ça a commencé, ni comment, ni quand et pourtant c’était là. En écrivant ces phrases, je me dis que c’est la définition même que je mettrais sur le mot dépendance.

Au début l’envie d’essayer…

C’était peut-être d’abord un test, une envie, une « découverte ». Pourquoi pas après tout, il faut bien expérimenter dans la vie et puis qui sait, ça peut aider… C’est à ce moment là que tu prends une bouffée d’air, que tu observes, que tu te lances. Il y a sa froideur, sa dureté et puis sa morsure sur ta peau fraîche, le bruit de la lame qui coulisse et enfin le léger et subtil crac de ta peau pour finir par observer de tes yeux assouvis le liquide qui s’écoule doucement le long de l’entaille… C’est bizarre, c’est pas agréable, ça picote et tu sens ce goût de métal sur tes lèvres et ta langue. Ton cerveau prend le temps de regarder ton « œuvre macabre » et finit par guider ton bras quelques millimètres plus loin pour reprendre ce protocole mais là tout change : la froideur est mordante mais enivrante, la morsure est douloureuse mais encourageante, le bruit sur ta peau devient une mélodie réconfortante, le liquide une récompense. Enfin ce n’est plus qu’agréablement bon et ta main se porte directement volontaire pour retourner à la chasse, encore une fois, un peu plus loin…

… et puis l’habitude, la honte, la culpabilité

C’est devenu une habitude, celle du soir parce qu’il n’y a plus rien qui puisse divertir mon cerveau et que tout est prêt, tout est contrôlé, tout devient rituel… Alors quand je prends du recul, que je m’observe, je me demande pourquoi ? « Tu n’as pas à te plaindre ma petite, arrête t’es ridicule et ça sert à rien… », me dit-je. Pourtant j’en ai besoin pour m’endormir, ressentir ce que fait cette simple lame sur mon bras m’est devenue obligatoire. A ce moment là, oui j’avais honte : personne ne devait voir les marques et les bracelets se prêtent bien au jeu de la discrétion. Pourquoi ? Parce que je me trouvais pitoyable de faire ça, sachant que ça ne règle rien, pire, parce que je ne pouvais pas dire ce que j’aurai aimé régler . Ensuite, c’est le moment où la culpabilité vous rend visite, comme si vous aviez besoin de ça, et alors là « Bravo !

Comme des trophées morbides

Tu ne trouves pas ça légèrement égoïste et déplacé quand même de te permettre de faire ça sachant que d’autres font appel à ça pour en finir alors que toi t’as pas envie de disparaître, que jamais t’auras le cran d’appuyer plus fort, de supporter une vraie douleur ?! » Tout s’écroule, j’en peux plus, je me trouve trop con moi plantée là au milieu de mon lit, la lame dans la main droite : je la serre en m’en faire péter les jointures, je me lèche les lèvres en attendant d’assouvir ma soif, de mettre ma conscience en mode OFF  pour ouvrir les portes à une foule de sentiments, d’émotions qui débarquent en vrac comme une armée de sauvages… Là c’est bon, j’enfonce cette lame et j’oublie jusqu’à ce que je rouvre les yeux et observe la connerie que j’ai faite une fois de plus. Allez on va les compter, un peu comme des trophées morbides…

Un moyen de se donner de la valeur

C’était comme si je marchais sur un fil : d’un côté je ne voulais pas le montrer, faut pas qu’on sache, parce que je ne voulais pas donner d’explications surtout que je n’avais aucun mobile. Mais d’un autre côté, je me prenais à réfléchir au meilleur endroit pour qu’un regard indiscret puisse se poser dessus sans que j’expose clairement cette cicatrice encore fraîche. Maintenant, je me dis que ce n’était pas un appel au secours, mais peut être juste un moyen de me donner de la valeur, une valeur ajoutée que j’étais la seule à connaître : c’était une bataille constante entre l’arrêt et finalement le soulagement irrationnel que ça m’apportait, ce besoin que j’avais à assouvir dès que cette pensée avait traversé mon esprit. Le pire est de s’observer en train de s’examiner, choisir méticuleusement quelle parcelle de son corps va avoir le droit aujourd’hui, changer mais se convaincre que chaque marque dans la chair a une signification, se promettre de ne jamais l’oublier, et le plus souvent c’était comme une punition : je n’étais pas à la hauteur de ce qu’on attendait de moi, ou plutôt je croyais qu’on me le demandait…

Tout faire sortir, s’échapper

Je me promettais qu’en faisant cette trace je me souviendrais de ne plus être comme cela et de mériter les gens qui m’entouraient, d’être à leur hauteur. C’était comme une preuve que j’avais raté et cette marque me disait pourquoi j’avais échouée. Je sais, c’est bizarre, incompréhensible sûrement pour vous, mais pendant tout ce temps je pense que ça m’a aidé, ça a été une béquille. Pendant ces quelques minutes chaque soir, ces gestes ont été un moyen d’échapper à tout ou du moins de tout faire sortir en vrac, sans cohésion, sans m’apporter la moindre compréhension malheureusement, mais ça me permettait d’évacuer, et ça ça n’a pas de prix.

Encore maintenant j’ai des traces de cette période de ma vie, je ne les cache pas, ça fait partie de moi… Je ne l’oublierais jamais et ne pourrais le faire. Cependant ce n’est pas un comportement qu’on peut juger au premier abord parce que chacun à ses raisons et surtout ses solutions pour gérer ses problèmes alors on peut s’abstenir des remarques du type «  Si ça t’amuses de te découper… Ah sympa la croix… ». C’est juste l’incompréhensible dépendance à la connerie… puisque toute dépendance est censée être une connerie pour soi-même… Enfin, c’est une lutte de chaque instant afin de ne pas replonger, un combat à mener mais prendre du recul et essayer de mettre des mots sur ce geste reste encore le meilleur remède…

L’analyse de Marie-Rose Moro, pédopsychiatre et directrice de la Maison de solenn :L’automutilation est une pratique qui s’est développée ces dernières années et qui est plus fréquente chez les filles qui attaquent leurs corps et cherchent à diminuer l’angoisse en faisant couler leur propre sang. C’est effectivement une dépendance qui comme toutes les dépendances est tenace et elle vous choisit autant que vous la choisissez. Elle devient indispensable et on a très vite de grandes difficultés à s’en passer. Elle vous oblige à répéter souvent selon le même rituel des gestes qui parfois font mal mais toujours donnent l’illusion d’apaiser jusqu’au moment où on devient dépendant de ce geste, angoissé si on ne peut le faire dans les conditions habituelles et dans la contrainte absolue de le répéter pour se sentir exister. Il est important de ne pas rester seul (e) avec cette dépendance, d’en parler, de consulter, de sortir du cercle vicieux qui oblige à recommencer et parfois à se faire de plus en plus mal, de prendre de plus en plus de risques pour sentir l’apaisement éphémère et parfois dissimuler ce qui est derrière, comme des inquiétudes ou des idées noires. Soigner ce qui est caché et endormi par l’automutilation permet d’arrêter de se faire mal et ensuite on réapprend progressivement à se passer de ce geste, de cette attaque de son corps. On réapprend à protéger son corps.

Aux jeunes qui tiennent les murs de mon hall d’immeuble

1976, mon père quitte son pays natal pour la France dans l’espoir de trouver un emploi et de s’installer avec sa famille. C’était un 29 septembre. La date est restée intacte dans sa mémoire. Pour y arriver, il lui faudra énormément de patience et de courage. Burkina-Faso, Nigeria, Cameroun, Tchad, Libye. Il traverse ainsi l’Afrique en transport en commun pour arriver en Europe où il fait escale en Italie et à Nice avant d’atteindre la capitale. Dix ans plus tard, ma mère le rejoindra. Tout cela, les jeunes au regard vide qui squattent mon hall d’immeuble ne le savent pas.

Dans le hall enfumé par les cigarettes, ils discutent tweet et se taquinent sur leurs coupes de cheveux. Sur le sol, les mégots côtoient des cartons de kebab vides. Si tu espères pouvoir te frayer un chemin jusqu’à l’ascenseur, il faut marcher sur la pointe des pieds pour éviter les crachats.

Pour 500 grammes d’agneau, de mouton… de shit

Ainsi, tous les jours je rentre chez moi – les vêtements imprégnés d’un festival d’odeur, subtil mélange de tabac froid et de reste de nourriture – et je me demande : pourquoi ? Pourquoi devrions-nous vivre comme cela ? Pourquoi ma mère, mon père et mes voisins doivent-ils supporter tout cela après une dure journée de travail ? Comment ces jeunes dont l’histoire familiale a certainement des points communs avec la mienne peuvent-ils délibérément occuper et dégrader des immeubles sans penser à leurs habitants?

Adossés aux murs à la peinture écaillée du bâtiment, ils observent à travers la vitre de la porte d’entrée. Regard constamment figé vers l’horizon – en même temps, si t’es guetteur ton job c’est de surveiller. Le corps constamment en alerte, prêt à bondir dehors au moindre mouvement suspect qui se profilerait dehors. Les rondes se succèdent et s’enchaînent. Le shit – candidement renommé par des substituts improbables comme agneau ou mouton – est baladé de main en main, main en poche, poche en main.

Les warriors du thermomètre

Les plus jeunes doivent avoir douze ou treize ans. C’est curieux de se dire que quand j’avais cet âge – ce qui remonte à pas très loin – les activités populaires étaient de troquer des fiches célébrités de magazines comme Fan 2 ou Star Club. Du temps où on dansait sur Crazy in Love de Beyoncé, où on dévorait Harry Potter puis scrutait l’heure pour regarder la Star Ac. Les temps changent plus vite qu’on ne le croit.

Pluie, averse, neige, brouillard, tonnerre. Rien ne semble les dissuader d’accomplir leurs missions. Ces derniers temps le thermomètre flirtant avec les températures négatives, j’aperçois leurs mains sèches devenues pâles qui se glissent furtivement dans leurs poches étroites. Ils déposent des lèvres gercées sur leurs cigarettes, en tirent des bouffées profondes avant d’exhaler la fumée voluptueusement, masquant ainsi la vitre de la porte d’entrée en lui donnant des allures de sauna.

Alors que je franchis le seuil de l’immeuble je me demande s’ils ont des rêves. Vision peut-être naïve mais selon moi tout le monde a des rêves. Même ceux qui n’y croient pas. Est-ce qu’ils espèrent quitter ces murs un jour ? Peut-être se surprennent-ils, cachés derrière leurs grands blousons, fixant l’horizon, à imaginer, rêver d’un ailleurs, d’une vie meilleure.

« Française ? Vous voulez voir ma carte d’identité ? »

Je me suis toujours considérée comme étant française, et non parce que je le pense, mais parce que je le suis.

Quand je dis que je suis antillaise, les mêmes questions reviennent. « Pourquoi es-tu venu ici ? »« Tu penses revenir sur ton île plus tard ? »« Il n’y a pas ce que tu voulais faire là bas ? »« T’as quitté le soleil pour venir dans le froid ici ? Moi j’y serais resté ».

Autant de questions et de remarques qui te mettent mal à l’aise, comme si tu devais te justifier de ta présence dans un pays qui est censé être libre et être le tien. Autant de questions qui te montrent que tu n’as pas vraiment ta place ici. J’ai appris à relativiser jusqu’au jour où remplissant un document pour une demande prêt, j’ai notifié le département d’où je venais soit « 972 » et que j’ai vu qu’il ont classé un département qui est censé être français et qui l’est, dans la classification « étranger ».

Cela m’a autant plus frappé que lorsqu’une de mes amies à l’université, qui savait que je ferais mon stage en Martinique me dit :  » En fait, tu ne fais pas ta demande de bourse pour ton stage à l’étranger ? », considérant la Martinique comme étant à l’étranger, étonnée que je lui dise que non, c’est un département français.

Devrais-je me justifier et proclamer : « Oui je suis française ? Vous voulez voir ma carte d’identité peut être ? ».

Liberté, Egalité, Fraternité ? Ce ne sont que des mots qui ne reflétent aucunement la réalité. Dire à un Antillais : « Vous venez prendre notre place dans nos écoles, nous, nous viendrons prendre votre place au soleil » en masquant ce propos raciste comme étant une simple blague, est juste une insulte.

Et pourtant, je n’ai rien prouver à quiconque, cette nationalité française je ne l’ai pas volé. Soit on m’accepte et tant mieux, soit on ne m’accepte pas et tant pis. A croire que parce que tu es noir, tu n’es jamais vraiment français.

Aux jeunes qui tiennent les murs de mon hall d’immeuble

Mon père quitte son pays natal pour la France dans l’espoir de trouver un emploi et de s’installer avec sa famille. C’était un 29 septembre. La date est restée intacte dans sa mémoire. Pour y arriver, il lui faudra énormément de patience et de courage. Burkina-Faso, Nigeria, Cameroun, Tchad, Libye. Il traverse ainsi l’Afrique en transport en commun pour arriver en Europe où il fait escale en Italie et à Nice avant d’atteindre la capitale. Dix ans plus tard, ma mère le rejoindra. Tout cela, les jeunes au regard vide qui squattent mon hall d’immeuble ne le savent pas.

Dans le hall enfumé par les cigarettes, ils discutent tweet et se taquinent sur leurs coupes de cheveux. Sur le sol, les mégots côtoient des cartons de kebab vides. Si tu espères pouvoir te frayer un chemin jusqu’à l’ascenseur, il faut marcher sur la pointe des pieds pour éviter les crachats.

Pour 500 grammes d’agneau, de mouton… de shit

Ainsi, tous les jours je rentre chez moi – les vêtements imprégnés d’un festival d’odeur, subtil mélange de tabac froid et de reste de nourriture – et je me demande : pourquoi ? Pourquoi devrions-nous vivre comme cela ? Pourquoi ma mère, mon père et mes voisins doivent-ils supporter tout cela après une dure journée de travail ? Comment ces jeunes dont l’histoire familiale a certainement des points communs avec la mienne peuvent-ils délibérément occuper et dégrader des immeubles sans penser à leurs habitants?

Adossés aux murs à la peinture écaillée du bâtiment, ils observent à travers la vitre de la porte d’entrée. Regard constamment figé vers l’horizon – en même temps, si t’es guetteur ton job c’est de surveiller. Le corps constamment en alerte, prêt à bondir dehors au moindre mouvement suspect qui se profilerait dehors. Les rondes se succèdent et s’enchaînent. Le shit – candidement renommé par des substituts improbables comme agneau ou mouton – est baladé de main en main, main en poche, poche en main.

Les warriors du thermomètre

Les plus jeunes doivent avoir douze ou treize ans. C’est curieux de se dire que quand j’avais cet âge – ce qui remonte à pas très loin – les activités populaires étaient de troquer des fiches célébrités de magazines comme Fan 2 ou Star Club. Du temps où on dansait sur Crazy in Love de Beyoncé, où on dévorait Harry Potter puis scrutait l’heure pour regarder la Star Ac. Les temps changent plus vite qu’on ne le croit.

Pluie, averse, neige, brouillard, tonnerre. Rien ne semble les dissuader d’accomplir leurs missions. Ces derniers temps le thermomètre flirtant avec les températures négatives, j’aperçois leurs mains sèches devenues pâles qui se glissent furtivement dans leurs poches étroites. Ils déposent des lèvres gercées sur leurs cigarettes, en tirent des bouffées profondes avant d’exhaler la fumée voluptueusement, masquant ainsi la vitre de la porte d’entrée en lui donnant des allures de sauna.

Alors que je franchis le seuil de l’immeuble je me demande s’ils ont des rêves. Vision peut-être naïve mais selon moi tout le monde a des rêves. Même ceux qui n’y croient pas. Est-ce qu’ils espèrent quitter ces murs un jour ? Peut-être se surprennent-ils, cachés derrière leurs grands blousons, fixant l’horizon, à imaginer, rêver d’un ailleurs, d’une vie meilleure.

« Parler des jeunes, c’est bien. Parler avec les jeunes, c’est encore mieux »

Mercredi 26 février, j’ai assisté à la rencontre entre 45 jeunes du Forum Français de la Jeunesse, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la Ministre de la Jeunesse Valérie Fourneyron. Au programme, la préparation du Comité Interministériel de la Jeunesse agrémentée d’une bonne communication/prise de pouls des représentants jeunes. La perspective des municipales, l’étude de l’AFEV sur la perception de la politique par la jeunesse, l’opération Génération quoi ?, autant de sujets qui devraient rapidement amener/contraindre les politiques à se soucier de la jeunesse.

« On attend des réponses »

Le cadre tout d’abord. La rencontre se déroule dans une auberge de jeunesse du 18° arrondissement de Paris (le Premier ministre évoque un « foyer de jeunes travailleurs », ce qui passe mal auprès des jeunes). Au sein de trois groupes de jeunes, Jean-Marc Ayrault et Valérie Fourneyron alternent deux ou trois questions par groupe sur des thématiques prédéfinies par leurs conseillers. Avant la rencontre, tout le monde est assez enthousiaste, « on attend des réponses » sur des sujets tels que le RSA pour les moins de 25 ans, l’aide à la recherche au premier emploi…  Avec 23,9% des 15-24 ans au chômage, les attentes sont grandes.

En quête d’idées

« Les récits. Alice espère avoir « un meilleur avenir que celui de ses parents ». Elle préconise la mise en place d’une « clause impact jeunesse » dans chaque texte voté au Parlement – mais l’on peut se demander comment cela pourrait se mettre en place sur des textes comme ceux sur les retraites, sur le nucléaire (55 député(e)s ont moins de 40 ans, 198 ont plus de 60 et on ne se soucie peut être pas de la radioactivité de la même manière si l’on a 30 ou 70 ans), etc.

Arrive ensuite une demande de rajeunissement des CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régionaux)… Intéressant, mais pas certain que les jeunes – non militants – le placent dans les priorités de leur vie.

Daniel, lui, propose une interdiction du cumul des mandats dans le temps avec la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales jusqu’à dix jours avant le scrutin (c’est fou que ce ne soit pas venu à l’esprit de nos gouvernants lors de la loi sur le cumul des mandats). Le problème, c’est qu’on nous explique là que c’est à la société de décider si cela peut être une bonne idée – ou pas. Une société se choisit des gouvernants qui leur explique que c’est à elle de gouverner. Soit c’est un programme de Constitution de la VIe République, soit il y a un petit problème de confiance en soi.

« Généraliser oui », mais d’abord « expérimenter  »

Le deuxième atelier concerne l’emploi. A la suite des nombreux « chocs » annoncés ces dernières années, Jonas propose un « choc de simplification » qui suivrait le « pacte de responsabilité ». Jean-Marc Ayrault s’y montre favorable, il veut « mobiliser » et « simplifier » – tout un programme.

Etienne, lui, est préoccupé par les contrats d’avenir, qui seraient massivement signés en CDD. La question est rapidement éludée parce que la solution, « c’est l’éducation ». C’est un « engagement »même si c’est « parfois décourageant ». Où peut être l’inverse, gare à la prise de notes en fin d’après-midi.

Sarah évoque le « service public de l’orientation » mais j’essaie de « tâter le pouls du terrain » à ce moment là – les termes sont volontairement glissants – avant la troisième thématique sur la santé. Cependant, deux mots surgissent : « généraliser oui », mais il faut d’abord « expérimenter ».

« La liste à la Prévert »

Pour Inès – si la loi sur les stages doit être saluée, le problème est toujours d’actualité pour les étudiants dans la santé, seuls à ne pas avoir obtenu de gratification pour les stages. Jean-Marc Ayrault « ne sait pas quoi répondre » mais il ne faut « pas être stressé » par le fait de « moraliser les stages ». Sur l’apprentissage, déso, c’est le pacte de responsabilité, on devrait en savoir plus à la mi/fin/ (peut-être ?) mars.

Anouck parle de la « santé qui concerne tous les jeunes » et qui fait partie d’une promesse de campagne du candidat Hollande. Sur ce domaine, le Premier ministre avance confiant, s’il faisait la liste des actions entreprises par le Gouvernement, ce serait une véritable « liste à la Prévert ».

Eviter le « trop institutionnel », trop « figé »

Bertrand Coly, co-responsable du FFJ est plutôt satisfait de ce type de rencontre qui « reconnaît les jeunes comme acteurs ». Le mode d’échange permet de ne pas tomber dans quelque chose de « trop institutionnel, trop figé ». Sur le fond, des mesures ont été avancées (clause impact jeunesse, place des jeunes dans les CESER, inscription sur les listes électorales), même s’il faudrait « aller plus loin », en institutionnalisant des lieux de rencontre et de concertation de la jeunesse.

En somme, si l’ambiance est plutôt « sympathique » – les ministres n’emploient pas de ton paternaliste, ils traitent les responsables jeunes comme des interlocuteurs en tant que tels, le verbe est volontariste et engagé –, on attend tout de même des mesures concrètes. Mais ce n’était pas le lieu. J’apprends néanmoins en sortant de la salle que Valérie Fourneyron rencontre ensuite les responsables des organisations dans un cadre plus informel. Les décisions y seront peut-être prises.  Finalement, mener une politique de la jeunesse ne serait-il pas mener une politique jeune, pour les jeunes, par les jeunes ?

Jeux de rôles ou ce beau jeu d’être un autre

D’abord je me dois sûrement de vous traduire le terme de rôliste. Car, pour la plupart d’entre vous, le monde dans lequel je vais vous plonger est inconnu, voir déprécié. Être rôliste, c’est très simplement jouer à des jeux de rôles. Attention, rien de macabre ou de sexuel dans le propos ! Je vous parle du jeu de rôle dit papier, avec des dés, des feuilles, des gens cultivés et ouverts d’esprit. Chacun incarne un personnage qui va vivre l’histoire racontée par un dernier larron qui serra nommé maître de jeu… Ce dernier à tout pouvoir, il met en scène une ambiance par ses descriptions et immerge le joueur dans des univers aussi divers et variés que votre imagination vous le permet. Finalement, il s’agit de la création d’une histoire coopérative.

Pas d’ados boutonneux autour d’un pizza surgelée

Le jeu de rôles m’a apporté de l’épique et de l’exotique dans ma vie. Je n’ai jamais joué au jeu auquel la plupart d’entre vous on sûrement pensé en premier : Donjons et Dragons. Les classiques sont presque aussi variés qu’en littérature, et ce même si les explorations de donjons vous évoquent une bande d’ados boutonneux enfermés jusqu’à pas d’heure avec des pizzas surgelées. Pourtant, ce n’est qu’un cliché. Le jeu de rôle se joue tout aussi bien en terrasse un bel après midi d’été autour d’une grande carafe d’oranges pressées et d’une intrigue en cours ! Le jeu de rôle avec un maître de jeu à l’aise peut vous faire vivre autant si ce n’est plus d’émotions qu’un bon livre ou un film des plus immersifs.

Etre quelqu’un d’autre

Durant quelques heures, vous serez quelqu’un d’autre. Il sera des fois plus ou moins dur de passer à autre chose, mais, quand vous sortez d’un super film, ne vous faut-il pas aussi quelques minutes pour revenir sur terre ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les enfants sont parfaitement aptes à faire cette distinction entre le réel et l’imaginaire, voyez vous même les jeux qu’il s’inventent, ils n’ont ni feuilles, ni dés et pourtant c’est déjà du jeu de rôles !

Comprenez mon coup de gueule, je ne tiens pas à tous vous convertir. Je comprends qu’on puisse y être hermétique, mais doit-on pour autant condamner les adeptes ? Je ne connais pas même 1% des rôlistes francophones, et pourtant j’en connais des barbus et des rasés, des chevelus et des chauves, des grands et des petites, des jeunes et des vielles, des férus d’informatique et des allergiques aux nouvelles technologies…

Des membres de votre famille sont peut-être des rôlistes ? Ou certains de vos voisins ? Les rôlistes sont partout, mais ne vous méfiez pas, ce n’est pas contagieux, et même si ça l’est, vous n’en pâtirez pas !

Euuh… j’avoue je ne suis pas sur Facebook

Alors moi, je suis un jeune comme n’importe quel jeune de 20 ans que vous pouvez voir dans la rue. Ma différence c’est que je ne supporte pas les communications virtuelles : réseaux sociaux, textos et même les appels téléphoniques.

En fait je suis un peu un jeune qui regrette l’ancienne époque (sans l’avoir connue) où on faisait des connaissances face à face, où on échangeait des informations en face et où le téléphone était un outil de dernier recours.

Vivre sans téléphone…

Depuis mon enfance, je n’ai jamais eu de forfait, non pas par soucis financiers mais parce que je ne trouve pas l’utilité de payer pour parler avec des potes. Surtout que j’ai des potes qui me disent payer un forfait de 20 euros par mois mais qui n’appellent pas souvent… Après peut-être que tout ça fait partie de ma personnalité. Mais je pense vraiment qu’on peut vivre sans téléphone. On n’est pas tous sur une île à vouloir chercher à contacter des secours quand même !

J’ai bien essayé de faire comme tous les « jeunes ». J’ai eu un compte Facebook au lycée pendant deux ans. Je me suis inscrit au début car tout le monde en parlait et j’ai voulu savoir en quoi ça consistait. En allant dessus j’ai senti comme une perte de temps, et une certaine addiction : quand j’étais déconnecté je me demandais si sur mon compte j’avais des notifications ou pas. Du coup, je suis souvent passé de la phase activation et désactivation avant de le supprimer une bonne fois pour toute après deux années. Mes vrais amis m’ont donné raison et les amis intéractifs que je m’étais fait, beh je les ai oubliés. Après tout avant d’être sur Facebook, je me passais bien d’eux.

En fait, la communication chez moi c’est toujours réel

La communication virtuelle je n’en ressens pas l’utilité pour le moment, peut être que plus tard oui. Peut être qu’avec un emploi j’aurai besoin d’avoir un forfait, d’avoir à utiliser et gérer des réseaux sociaux pour une entreprise mais pour le moment parler à un écran je pense que je peux m’en passer ! Je refuse de faire comme les autres et parler à des écrans en trouvant ça normal alors que justement ça ne devrait pas l’air.

Pourquoi les voyages changent le regard

Beaucoup de choses me laissent perplexe. Beaucoup de questions sans réponse que l’on s’entête à trouver dans les livres, auprès d’amis qui paraissent plus sages et cette même question qui revient sans cesse : qu’est-ce que le bonheur ? Nombreux psychologues et écrivains ont débattu sur le sujet pour en venir à une même réponse : « Tout est relatif à la personne ». Je ne crois en aucune religion bien que le bouddhisme m’ait intrigué dans sa façon d’appréhender le sujet. Le bouddhisme prétend que la principale raison du malheur chez l’Homme provient de son éternelle insatisfaction, oubliant d’apprécier ce qu’il possède déjà.

Lors de mon voyage en Asie, j’ai enfin compris le sens réel de ces mots.

Se laisser surprendre…

J’ai eu la chance de pouvoir intégrer une association népalaise afin d’aider un orphelinat dans la région de Katmandu. 20 orphelins de 5 à 21 ans vivant ensemble sous l’aile protectrice de l’incroyable Nanu.

On se rend très vite compte des conditions d’hygiène rudimentaires dans lesquelles ils vivent : wc à la turc, sans papier, pas d’eau chaude, pas d’électricité une grande partie de la journée, un seul savon pour se laver et laver les vêtements etc… C’est un choc brutal mais une autre chose l’est encore plus : réaliser que ces enfants qui ne possèdent quasiment rien ont une chose que nous avons tant de mal à acquérir : ce fameux bonheur !

Je pense que le plus ironique est de penser que nous sommes venus les aider, et nous le faisons certes, mais c’est eux qui nous aident le plus. Ils donnent tellement d’amour avec un sourire constant sur les lèvres, ils apprécient chaque jour de la vie, ne se plaignent de rien, s’émerveille de chaque bonheur quotidien, s’aiment sans compter, il n’y a ici aucun sentiment négatif, aucune jalousie.

Évidemment qu’ils aimeraient tous avoir des conditions de vie meilleures mais leurs objectifs restent purs et accessibles. Rien d’extravagant comme l’achat de la dernière Porsche ou, plus sûrement, de s’offrir un robot nettoyeur (ne mentez pas, on l’a tous voulu à un moment ou à un autre, notamment les lendemains de soirée quand notre appartement ressemble à Hiroshima), comme tout bon esclave de la société de consommation.

… en sortant des sentiers battus

Je me souviens de ce petit garçon, Santosh, il avait 5 ans et quand j’ai fait un tour de table pour savoir qu’est ce que qu’ils voulaient tous faire faire plus tard (la plupart voulaient être docteur), il m’a répondu timidement : « Aller à l’école ». Nous nous sommes tous regardés en souriant et je lui ai promis qu’il y arriverait.

Si je devais donner un seul conseil, n’achetez plus tous ces livres philosophiques et voyagez ! Quand je dis « voyagez », je ne parle pas de barboter dans la piscine du Club Med mais bien de prendre votre sac à dos et sortir des sentiers battus afin de prendre une bonne claque pour enfin comprendre ce qu’est le vrai bonheur.